Réponses aux questions des représentants des médias, 19 fév. 2025
Publié : 20 févr. 2025, 17:50
Lors de sa visite à l'entreprise scientifique Radar MMS, le Président Poutine a répondu à un certain nombre de questions posées par les représentants des médias russiens.
19 février 2025, 17:05, Saint-Pétersbourg
Question : Agence Interfax. Tout le monde est intéressé par le résultat des négociations à Riyad. Je suis sûr qu'on vous a déjà fait part de leurs résultats. Comment les évaluez-vous ? Y a-t-il un résultat positif, si je puis dire, de ces négociations ?
V. Poutine : Oui, on m'en a fait un rapport. Premièrement. Deuxièmement, je les évalue très bien, il y a un résultat.
La première chose que je voudrais dire, c'est que nous avons convenu de reprendre le travail normal des départements diplomatiques. Les expulsions permanentes de diplomates de Washington et de Moscou ne mènent à rien de bon. Si cela continue, nous n'aurons plus que des nettoyeuses dans ces bâtiments, dont le travail doit être bien sûr apprécié, mais ce n'est pas pour cela que les missions diplomatiques ont été créées. C'est la première chose.
Deuxièmement. À mon avis, nous avons fait le premier pas vers la reprise du travail dans divers domaines d'intérêt mutuel. Cela inclut le Moyen-Orient au sens large du terme, je veux dire notre présence en Syrie, le règlement israélo-palestinien, etc. Il y a beaucoup de questions qui impliquent à la fois les États-Unis et la Fédération russienne, même si, bien sûr, nous donnons la priorité à la situation en Ukraine.
Mais nous avons aussi d'autres sujets : l'économie et notre travail commun sur les marchés mondiaux de l'énergie. Alors en général... Oui, l'espace, bien sûr, parce que malgré tous les problèmes des trois dernières années, nous travaillons toujours dans l'espace, et les astronautes américains comme les cosmonautes russiens travaillent sur l'ISS. Le travail continue et les perspectives sont bonnes. Tout cela a été discuté et revu lors de la réunion de Riyad. L'évaluation est positive.
Et dans l'ensemble, comme on me l'a dit, elle est très favorable. Comme me l'ont dit nos participants, du côté américain, c'étaient des gens tout à fait différents, ouverts au processus de négociation, sans parti pris, sans condamnation de ce qui a été fait dans le passé – en tout cas, il n'y a rien eu de cela dans les contacts bilatéraux -, déterminés à travailler ensemble, ouverts à travailler ensemble.
Question : Mais les Européens sont tout aussi agités, ils sont presque paniqués à l'idée de ne pas participer du tout aux négociations, et le même état d'esprit règne parmi les personnalités ukrainiennes. Ils veulent tous avoir le droit de vote. Que devons-nous faire d'eux tous ?
V. Poutine : Le droit de vote dans quoi ? Je viens de dire que le but et l'objet de nos négociations étaient de rétablir les relations russieno-américaines. Quelqu'un veut-il être un intermédiaire entre la Russie et les États-Unis ? Ces exigences sont probablement excessives.
Et la chose la plus importante ici, dans la résolution de toutes les questions très aiguës, y compris le règlement ukrainien, est qu'il est impossible de résoudre de nombreuses questions, y compris la crise ukrainienne, sans augmenter le niveau de confiance entre la Russie et les États-Unis. L'objectif de cette réunion était précisément d'accroître la confiance entre la Russie et les États-Unis.
Quant aux autres participants, tout d'abord, la Russie n'a jamais refusé les contacts avec les Européens. La Russie n'a jamais refusé de négocier avec l'Ukraine, jamais. Ce sont nos partenaires, pour ainsi dire, dans ces négociations qui ont refusé. Les Européens ont cessé les contacts avec la Russie, et la partie ukrainienne s'est interdite de négocier, s'est retirée du processus de négociation à Istanbul, en l'annonçant directement et publiquement. Eh bien, nous n'imposons rien à personne. Nous sommes prêts, je l'ai déjà dit cent fois : s'ils le veulent, qu'ils mènent ces négociations, et nous serons prêts à revenir à la table des négociations.
En ce qui concerne les relations euro-atlantiques, nous ne nous en mêlons pas. Nous ne spéculons pas sur toutes les questions qui se posent entre les États-Unis et leurs alliés. Mais si on parle de ces alliés, ils sont eux-mêmes coupables de ce qui se passe actuellement.
Trump a déjà été accusé d'avoir des relations spéciales avec la Russie et que la Russie s'était immiscée dans les élections lorsqu'il a remporté son dernier mandat en tant que président. Ils ont créé toute une équipe, ils l'ont traîné devant les tribunaux et ont même créé une commission spéciale du Congrès. Rien n'a été confirmé – et rien ne pouvait être confirmé, car cela ne s'est jamais produit.
Et qu'avons-nous vu maintenant dans cette campagne électorale ? Tous les dirigeants européens, sans exception, ont directement interféré dans le processus électoral américain. Ils sont allés jusqu'à insulter directement l'un des candidats. Pour notre part – bien sûr, il était clair avec qui nous sympathisions – nous ne nous sommes pas permis d'interférer et nous ne nous avons certainement pas autorisé de déclarations dures et d'attaques insultantes à l'encontre de qui que ce soit des candidats. Nous ne l'avons tout simplement pas fait. Et les Européens l'ont fait.
Je suis surpris, à franchement parler, de la retenue dont fait preuve le président des États-Unis nouvellement élu, M. Trump, à l'égard de ses alliés, qui se sont comportés de manière aussi, pour dire les choses franchement, grossière. Je veux dire qu'il reste assez intelligent à leur égard.
Mais ils ne se ferment pas à cette question. Après tout, si nous parlons du règlement ukrainien, les États-Unis travaillent avec leurs alliés européens. Pour autant que je sache, M. Kellogg est actuellement à Kiev, n'est-ce pas ? Il a déjà rencontré les Européens. Le président français se rend maintenant à Washington, de même que le Premier ministre britannique. Rien n'est fermé là-bas, les Américains discutent de tout cela avec eux.
Mais par exemple, nous avons une question telle que l'extension du traité de New START-3. Tout le monde l'a probablement oublié, mais je vous rappelle que dans un an exactement, en février 2026, le traité de limitation des armes stratégiques expirera. Veulent-ils s'asseoir à la table des négociations et servir de médiateurs entre la Russie et les États-Unis ? Probablement pas. Mais pourquoi devenir hystérique ? L'hystérie n'est pas de mise.
En ce qui concerne le processus de négociation, le président Trump m'a dit lors d'une conversation téléphonique, et je peux le confirmer, que bien sûr les États-Unis supposent que le processus de négociation se déroulera avec la participation de la Russie comme de l'Ukraine. Personne n'exclut l'Ukraine de ce processus.
Il n'y a donc aucune raison de réagir de la sorte à la réunion russieno-américaine.
Question : Il semble que [le secrétaire d'État américain] Rubio ait également promis de tenir les alliés européens informés.
V. Poutine : Oui, nous savons, nous voyons. Mais pour notre part, nous informerons également nos amis au sein des BRICS, sans aucun doute. Nous connaissons leur intérêt pour la résolution des relations russieno-ukrainiennes, pour la résolution de cette crise, pour la fin des hostilités. Nous traitons leurs propositions avec respect, comme je l'ai dit à maintes reprises, et nous les informerons des résultats des négociations russieno-américaines dans un avenir très proche.
Q : Et quand est-ce que vous et Poutine... je suis désolé, [quand] est-ce que vous rencontrez Trump ?
V. Poutine : Je le rencontre [Poutine] tous les jours, en me regardant dans le miroir. (Rires.)
Vous savez, ceci est à préparer. J'aimerais beaucoup rencontrer Donald, cela fait très longtemps que nous ne nous sommes pas vus. Lui et moi, nous n'avons pas de relations étroites, mais au cours des années précédentes, pendant les quatre années où il a été Président, nous nous sommes rencontrés et nous avons discuté de nos relations interétatiques de manière très harmonieuse. Je serais heureux de le rencontrer aujourd'hui. Je pense qu'il le serait également, comme l'a montré la nature de notre conversation téléphonique.
Mais nous sommes dans une situation telle qu'il ne suffit pas de se rencontrer pour prendre un thé ou un café, s'asseoir et parler de l'avenir. Nous devons demander à nos équipes de préparer les questions qui sont extrêmement importantes pour les États-Unis et la Russie, y compris – pas seulement, mais aussi sur le volet ukrainien, afin de parvenir à des solutions acceptables pour les deux parties. Et ce n'est évidemment pas une tâche facile.
J'en ai déjà parlé. Lorsque M. Trump était candidat à la présidence des États-Unis, il parlait d'un calendrier, d'un délai assez court pour résoudre, disons, la crise ukrainienne. Mais après avoir commencé à recevoir des informations, en tant que président déjà élu, de la part des services de renseignement et ainsi de suite, il a changé de position, il a dit : oui, cela prendra six mois.
Nous ne parlerons pas des délais, mais c'est naturel, absolument naturel, il n'y a rien de spécial ici. Il a simplement commencé à recevoir des informations, des informations objectives, et ces informations ont changé son approche. Il faut donc du temps. Combien de temps est nécessaire, je ne suis pas prêt à répondre maintenant, mais nous avons le désir de tenir une telle réunion, et je voudrais tenir cette réunion. Mais, je le répète encore une fois, nous devons la préparer pour obtenir un résultat.
Nous avons, bien sûr, comme je l'ai déjà dit, de nombreux domaines de coopération. Il s'agit notamment de la stabilité stratégique, du Moyen-Orient au sens large du terme, de la coopération économique, en premier lieu dans le secteur de l'énergie.
Je, vous savez, je me souviens encore de notre conversation à trois au téléphone : moi, votre serviteur, j'y ai participé, le président américain Trump et le roi d'Arabie saoudite. Nous étions tous les trois au téléphone, en train de discuter des questions relatives au marché mondial de l'énergie. Ces questions, ces discussions dans ce format sont toujours d'actualité.
À propos, je voudrais remercier du fond du cœur les dirigeants de l'Arabie saoudite, le roi d'Arabie saoudite, le prince héritier, non seulement pour avoir aimablement mis à disposition le site de Riyad pour les réunions de haut niveau entre la Russie et les États-Unis, mais aussi pour avoir créé un environnement très amical.
Je pense que dans les prochains jours – aujourd'hui, c'est impossible, car je suis en déplacement à Saint-Pétersbourg – j'appellerai certainement le prince héritier et le remercierai personnellement pour cette aide.
Q : Permettez-moi de clarifier la dynamique de l'opération militaire spéciale. Malgré les négociations, l'opération militaire spéciale se poursuit. Quelles sont les nouvelles en provenance des fronts ?
V. Poutine : Vous les connaissez, les correspondants de guerre, vos collègues, des gens extrêmement bien informés, courageux et, pour tout dire, héroïques, remplissent leur mission, remplissent leur devoir – à la fois civil et professionnel – d'informer objectivement le public de la Russie, et d'ailleurs le monde entier, de ce qui se passe sur la ligne de contact.
L'information la plus récente qui m'a été communiquée il y a une heure à peine : cette nuit, les soldats de la 810e brigade ont franchi la frontière entre la Fédération russienne et l'Ukraine et sont entrés en territoire de l'ennemi. Et tout au long de la ligne de contact, nos troupes avancent.
Q : L'attaque d'un drone dans le kraï Krasnodarien contre une station pétrolière pourrait-elle être la réponse de Zelensky aux relations positives qui se développent progressivement entre la Russie et l'Amérique, au processus ?
V. Poutine : Je ne le sais pas et il m'est difficile d'évaluer ce qui s'est passé, mais c'est arrivé, c'est arrivé et, bien sûr, c'est à expliquer d'une manière ou d'une autre. De nombreuses questions se posent à ce sujet et il est très difficile d'y répondre maintenant.
Mais – tout d'abord, je vais peut-être dire quelque chose d'inattendu, mais néanmoins, des attaques de ce type sont impossibles sans reconnaissance spatiale, et l'Ukraine ne reçoit des données de reconnaissance spatiale très précises sur les cibles que de la part de ses alliés occidentaux. Je ne sais pas exactement qui a fourni ces données, qui a fourni des images spatiales des installations du Caspian Pipeline Consortium, mais je peux vous dire avec raison que les forces armées ukrainiennes ne sont pas en mesure de le faire par elles-mêmes. Elles ne disposent pas des constellations de satellites spatiaux appropriées. C'est la première chose à dire.
Deuxièmement, cette installation ne disposait pas, et ne dispose toujours pas, d'équipements de défense contre-aérienne, d'équipement de défense aérienne russienne. La raison en est claire : nous sommes partis du fait qu'il ne peut s'agir d'un objet d'attaque – il ne s'agit pas, à proprement parler, d'un objet russien, mais d'un objet d'infrastructure énergétique internationale. Les actionnaires du Caspian Pipeline Consortium sont des entreprises américaines (je crois que c'est Chevron), des entreprises européennes (dont Eni) et des entreprises russiennes, dont Lukoil.
Nous recevons même de l'argent pour ce transit, au sens figuré, cinq kopecks. Cela n'a aucun sens économique pour nous. Nous fournissons simplement un service à nos amis kazakhstanais et à nos partenaires qui travaillent au Kazakhstan. Et le pétrole qui est produit, nous pouvons généralement le dire, puisqu'il est produit dans le cadre de PSA, des accords de partage de la production, est en fait la propriété des sociétés qui le produisent, en l'occurrence des sociétés américaines, des sociétés européennes. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'un volume critique, mais tout de même d'un volume notable sur les marchés mondiaux.
Et, bien sûr, l'atteinte à une telle installation – six drones ont été utilisés dans l'attaque – aura un impact sur les marchés mondiaux de l'énergie, principalement parce que, malheureusement, il est impossible de restaurer rapidement cette installation. Et il est impossible de la remettre en état rapidement parce qu'il s'agit principalement d'équipements occidentaux, et que les équipements occidentaux ont été endommagés.
D'ailleurs, je viens d'apprendre que les Européens ont étendu les sanctions contre la Russie, notamment l'impossibilité de nous fournir des équipements occidentaux pour la production de pétrole et de gaz. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu'il y a deux jours, les forces armées ukrainiennes ont frappé un grand coup, et deux jours plus tard, les Européens ont annoncé qu'il était impossible de réparer cette station, parce que l'équipement principal qui s'y trouve est de fabrication européenne, y compris celui de la société allemande Siemens. Si cet équipement arrivait demain ou après-demain, il faudrait un mois et demi à deux mois pour le réparer. Et maintenant, qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il ne sera pas livré du tout.
Bien sûr, si l'on regarde les choses de manière purement formelle, cela ressemble à une sorte d'action coordonnée. Mais je ne veux pas le croire. Je pense qu'il s'agit d'un accident. Les Européens suivent leur propre voie et ne prêtent pas attention à ce qui se passe. Mais techniquement, si vous regardez ce qui se passe, cela ressemble à une sorte de coordination.
Pourquoi voudraient-ils faire cela ? Ce n'est pas clair. Parce que cela conduit à des prix de l'énergie élevés et stables sur les marchés mondiaux, ce qui n'intéresse certainement pas les consommateurs d'énergie, tels que les entreprises européennes.
D'ailleurs, l'actuelle administration [américaine] a également annoncé à plusieurs reprises qu'elle cherchait à stabiliser, voire à faire baisser les prix de l'énergie. Mais des actions de ce type sont, bien sûr, directement opposées à la réalisation des objectifs que l'administration américaine s'est fixés.
Je sais qu'hier encore, les membres du consortium ont tenu une réunion sur tous les problèmes qui se sont posés et qu'ils décident eux-mêmes de la marche à suivre. Je le répète, ce n'est même pas tant notre problème que celui des investisseurs étrangers et des participants étrangers au CPC.
Source en russe : le site du Kremlin
Traduit par Valerik
19 février 2025, 17:05, Saint-Pétersbourg
Question : Agence Interfax. Tout le monde est intéressé par le résultat des négociations à Riyad. Je suis sûr qu'on vous a déjà fait part de leurs résultats. Comment les évaluez-vous ? Y a-t-il un résultat positif, si je puis dire, de ces négociations ?
V. Poutine : Oui, on m'en a fait un rapport. Premièrement. Deuxièmement, je les évalue très bien, il y a un résultat.
La première chose que je voudrais dire, c'est que nous avons convenu de reprendre le travail normal des départements diplomatiques. Les expulsions permanentes de diplomates de Washington et de Moscou ne mènent à rien de bon. Si cela continue, nous n'aurons plus que des nettoyeuses dans ces bâtiments, dont le travail doit être bien sûr apprécié, mais ce n'est pas pour cela que les missions diplomatiques ont été créées. C'est la première chose.
Deuxièmement. À mon avis, nous avons fait le premier pas vers la reprise du travail dans divers domaines d'intérêt mutuel. Cela inclut le Moyen-Orient au sens large du terme, je veux dire notre présence en Syrie, le règlement israélo-palestinien, etc. Il y a beaucoup de questions qui impliquent à la fois les États-Unis et la Fédération russienne, même si, bien sûr, nous donnons la priorité à la situation en Ukraine.
Mais nous avons aussi d'autres sujets : l'économie et notre travail commun sur les marchés mondiaux de l'énergie. Alors en général... Oui, l'espace, bien sûr, parce que malgré tous les problèmes des trois dernières années, nous travaillons toujours dans l'espace, et les astronautes américains comme les cosmonautes russiens travaillent sur l'ISS. Le travail continue et les perspectives sont bonnes. Tout cela a été discuté et revu lors de la réunion de Riyad. L'évaluation est positive.
Et dans l'ensemble, comme on me l'a dit, elle est très favorable. Comme me l'ont dit nos participants, du côté américain, c'étaient des gens tout à fait différents, ouverts au processus de négociation, sans parti pris, sans condamnation de ce qui a été fait dans le passé – en tout cas, il n'y a rien eu de cela dans les contacts bilatéraux -, déterminés à travailler ensemble, ouverts à travailler ensemble.
Question : Mais les Européens sont tout aussi agités, ils sont presque paniqués à l'idée de ne pas participer du tout aux négociations, et le même état d'esprit règne parmi les personnalités ukrainiennes. Ils veulent tous avoir le droit de vote. Que devons-nous faire d'eux tous ?
V. Poutine : Le droit de vote dans quoi ? Je viens de dire que le but et l'objet de nos négociations étaient de rétablir les relations russieno-américaines. Quelqu'un veut-il être un intermédiaire entre la Russie et les États-Unis ? Ces exigences sont probablement excessives.
Et la chose la plus importante ici, dans la résolution de toutes les questions très aiguës, y compris le règlement ukrainien, est qu'il est impossible de résoudre de nombreuses questions, y compris la crise ukrainienne, sans augmenter le niveau de confiance entre la Russie et les États-Unis. L'objectif de cette réunion était précisément d'accroître la confiance entre la Russie et les États-Unis.
Quant aux autres participants, tout d'abord, la Russie n'a jamais refusé les contacts avec les Européens. La Russie n'a jamais refusé de négocier avec l'Ukraine, jamais. Ce sont nos partenaires, pour ainsi dire, dans ces négociations qui ont refusé. Les Européens ont cessé les contacts avec la Russie, et la partie ukrainienne s'est interdite de négocier, s'est retirée du processus de négociation à Istanbul, en l'annonçant directement et publiquement. Eh bien, nous n'imposons rien à personne. Nous sommes prêts, je l'ai déjà dit cent fois : s'ils le veulent, qu'ils mènent ces négociations, et nous serons prêts à revenir à la table des négociations.
En ce qui concerne les relations euro-atlantiques, nous ne nous en mêlons pas. Nous ne spéculons pas sur toutes les questions qui se posent entre les États-Unis et leurs alliés. Mais si on parle de ces alliés, ils sont eux-mêmes coupables de ce qui se passe actuellement.
Trump a déjà été accusé d'avoir des relations spéciales avec la Russie et que la Russie s'était immiscée dans les élections lorsqu'il a remporté son dernier mandat en tant que président. Ils ont créé toute une équipe, ils l'ont traîné devant les tribunaux et ont même créé une commission spéciale du Congrès. Rien n'a été confirmé – et rien ne pouvait être confirmé, car cela ne s'est jamais produit.
Et qu'avons-nous vu maintenant dans cette campagne électorale ? Tous les dirigeants européens, sans exception, ont directement interféré dans le processus électoral américain. Ils sont allés jusqu'à insulter directement l'un des candidats. Pour notre part – bien sûr, il était clair avec qui nous sympathisions – nous ne nous sommes pas permis d'interférer et nous ne nous avons certainement pas autorisé de déclarations dures et d'attaques insultantes à l'encontre de qui que ce soit des candidats. Nous ne l'avons tout simplement pas fait. Et les Européens l'ont fait.
Je suis surpris, à franchement parler, de la retenue dont fait preuve le président des États-Unis nouvellement élu, M. Trump, à l'égard de ses alliés, qui se sont comportés de manière aussi, pour dire les choses franchement, grossière. Je veux dire qu'il reste assez intelligent à leur égard.
Mais ils ne se ferment pas à cette question. Après tout, si nous parlons du règlement ukrainien, les États-Unis travaillent avec leurs alliés européens. Pour autant que je sache, M. Kellogg est actuellement à Kiev, n'est-ce pas ? Il a déjà rencontré les Européens. Le président français se rend maintenant à Washington, de même que le Premier ministre britannique. Rien n'est fermé là-bas, les Américains discutent de tout cela avec eux.
Mais par exemple, nous avons une question telle que l'extension du traité de New START-3. Tout le monde l'a probablement oublié, mais je vous rappelle que dans un an exactement, en février 2026, le traité de limitation des armes stratégiques expirera. Veulent-ils s'asseoir à la table des négociations et servir de médiateurs entre la Russie et les États-Unis ? Probablement pas. Mais pourquoi devenir hystérique ? L'hystérie n'est pas de mise.
En ce qui concerne le processus de négociation, le président Trump m'a dit lors d'une conversation téléphonique, et je peux le confirmer, que bien sûr les États-Unis supposent que le processus de négociation se déroulera avec la participation de la Russie comme de l'Ukraine. Personne n'exclut l'Ukraine de ce processus.
Il n'y a donc aucune raison de réagir de la sorte à la réunion russieno-américaine.
Question : Il semble que [le secrétaire d'État américain] Rubio ait également promis de tenir les alliés européens informés.
V. Poutine : Oui, nous savons, nous voyons. Mais pour notre part, nous informerons également nos amis au sein des BRICS, sans aucun doute. Nous connaissons leur intérêt pour la résolution des relations russieno-ukrainiennes, pour la résolution de cette crise, pour la fin des hostilités. Nous traitons leurs propositions avec respect, comme je l'ai dit à maintes reprises, et nous les informerons des résultats des négociations russieno-américaines dans un avenir très proche.
Q : Et quand est-ce que vous et Poutine... je suis désolé, [quand] est-ce que vous rencontrez Trump ?
V. Poutine : Je le rencontre [Poutine] tous les jours, en me regardant dans le miroir. (Rires.)
Vous savez, ceci est à préparer. J'aimerais beaucoup rencontrer Donald, cela fait très longtemps que nous ne nous sommes pas vus. Lui et moi, nous n'avons pas de relations étroites, mais au cours des années précédentes, pendant les quatre années où il a été Président, nous nous sommes rencontrés et nous avons discuté de nos relations interétatiques de manière très harmonieuse. Je serais heureux de le rencontrer aujourd'hui. Je pense qu'il le serait également, comme l'a montré la nature de notre conversation téléphonique.
Mais nous sommes dans une situation telle qu'il ne suffit pas de se rencontrer pour prendre un thé ou un café, s'asseoir et parler de l'avenir. Nous devons demander à nos équipes de préparer les questions qui sont extrêmement importantes pour les États-Unis et la Russie, y compris – pas seulement, mais aussi sur le volet ukrainien, afin de parvenir à des solutions acceptables pour les deux parties. Et ce n'est évidemment pas une tâche facile.
J'en ai déjà parlé. Lorsque M. Trump était candidat à la présidence des États-Unis, il parlait d'un calendrier, d'un délai assez court pour résoudre, disons, la crise ukrainienne. Mais après avoir commencé à recevoir des informations, en tant que président déjà élu, de la part des services de renseignement et ainsi de suite, il a changé de position, il a dit : oui, cela prendra six mois.
Nous ne parlerons pas des délais, mais c'est naturel, absolument naturel, il n'y a rien de spécial ici. Il a simplement commencé à recevoir des informations, des informations objectives, et ces informations ont changé son approche. Il faut donc du temps. Combien de temps est nécessaire, je ne suis pas prêt à répondre maintenant, mais nous avons le désir de tenir une telle réunion, et je voudrais tenir cette réunion. Mais, je le répète encore une fois, nous devons la préparer pour obtenir un résultat.
Nous avons, bien sûr, comme je l'ai déjà dit, de nombreux domaines de coopération. Il s'agit notamment de la stabilité stratégique, du Moyen-Orient au sens large du terme, de la coopération économique, en premier lieu dans le secteur de l'énergie.
Je, vous savez, je me souviens encore de notre conversation à trois au téléphone : moi, votre serviteur, j'y ai participé, le président américain Trump et le roi d'Arabie saoudite. Nous étions tous les trois au téléphone, en train de discuter des questions relatives au marché mondial de l'énergie. Ces questions, ces discussions dans ce format sont toujours d'actualité.
À propos, je voudrais remercier du fond du cœur les dirigeants de l'Arabie saoudite, le roi d'Arabie saoudite, le prince héritier, non seulement pour avoir aimablement mis à disposition le site de Riyad pour les réunions de haut niveau entre la Russie et les États-Unis, mais aussi pour avoir créé un environnement très amical.
Je pense que dans les prochains jours – aujourd'hui, c'est impossible, car je suis en déplacement à Saint-Pétersbourg – j'appellerai certainement le prince héritier et le remercierai personnellement pour cette aide.
Q : Permettez-moi de clarifier la dynamique de l'opération militaire spéciale. Malgré les négociations, l'opération militaire spéciale se poursuit. Quelles sont les nouvelles en provenance des fronts ?
V. Poutine : Vous les connaissez, les correspondants de guerre, vos collègues, des gens extrêmement bien informés, courageux et, pour tout dire, héroïques, remplissent leur mission, remplissent leur devoir – à la fois civil et professionnel – d'informer objectivement le public de la Russie, et d'ailleurs le monde entier, de ce qui se passe sur la ligne de contact.
L'information la plus récente qui m'a été communiquée il y a une heure à peine : cette nuit, les soldats de la 810e brigade ont franchi la frontière entre la Fédération russienne et l'Ukraine et sont entrés en territoire de l'ennemi. Et tout au long de la ligne de contact, nos troupes avancent.
Q : L'attaque d'un drone dans le kraï Krasnodarien contre une station pétrolière pourrait-elle être la réponse de Zelensky aux relations positives qui se développent progressivement entre la Russie et l'Amérique, au processus ?
V. Poutine : Je ne le sais pas et il m'est difficile d'évaluer ce qui s'est passé, mais c'est arrivé, c'est arrivé et, bien sûr, c'est à expliquer d'une manière ou d'une autre. De nombreuses questions se posent à ce sujet et il est très difficile d'y répondre maintenant.
Mais – tout d'abord, je vais peut-être dire quelque chose d'inattendu, mais néanmoins, des attaques de ce type sont impossibles sans reconnaissance spatiale, et l'Ukraine ne reçoit des données de reconnaissance spatiale très précises sur les cibles que de la part de ses alliés occidentaux. Je ne sais pas exactement qui a fourni ces données, qui a fourni des images spatiales des installations du Caspian Pipeline Consortium, mais je peux vous dire avec raison que les forces armées ukrainiennes ne sont pas en mesure de le faire par elles-mêmes. Elles ne disposent pas des constellations de satellites spatiaux appropriées. C'est la première chose à dire.
Deuxièmement, cette installation ne disposait pas, et ne dispose toujours pas, d'équipements de défense contre-aérienne, d'équipement de défense aérienne russienne. La raison en est claire : nous sommes partis du fait qu'il ne peut s'agir d'un objet d'attaque – il ne s'agit pas, à proprement parler, d'un objet russien, mais d'un objet d'infrastructure énergétique internationale. Les actionnaires du Caspian Pipeline Consortium sont des entreprises américaines (je crois que c'est Chevron), des entreprises européennes (dont Eni) et des entreprises russiennes, dont Lukoil.
Nous recevons même de l'argent pour ce transit, au sens figuré, cinq kopecks. Cela n'a aucun sens économique pour nous. Nous fournissons simplement un service à nos amis kazakhstanais et à nos partenaires qui travaillent au Kazakhstan. Et le pétrole qui est produit, nous pouvons généralement le dire, puisqu'il est produit dans le cadre de PSA, des accords de partage de la production, est en fait la propriété des sociétés qui le produisent, en l'occurrence des sociétés américaines, des sociétés européennes. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'un volume critique, mais tout de même d'un volume notable sur les marchés mondiaux.
Et, bien sûr, l'atteinte à une telle installation – six drones ont été utilisés dans l'attaque – aura un impact sur les marchés mondiaux de l'énergie, principalement parce que, malheureusement, il est impossible de restaurer rapidement cette installation. Et il est impossible de la remettre en état rapidement parce qu'il s'agit principalement d'équipements occidentaux, et que les équipements occidentaux ont été endommagés.
D'ailleurs, je viens d'apprendre que les Européens ont étendu les sanctions contre la Russie, notamment l'impossibilité de nous fournir des équipements occidentaux pour la production de pétrole et de gaz. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu'il y a deux jours, les forces armées ukrainiennes ont frappé un grand coup, et deux jours plus tard, les Européens ont annoncé qu'il était impossible de réparer cette station, parce que l'équipement principal qui s'y trouve est de fabrication européenne, y compris celui de la société allemande Siemens. Si cet équipement arrivait demain ou après-demain, il faudrait un mois et demi à deux mois pour le réparer. Et maintenant, qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il ne sera pas livré du tout.
Bien sûr, si l'on regarde les choses de manière purement formelle, cela ressemble à une sorte d'action coordonnée. Mais je ne veux pas le croire. Je pense qu'il s'agit d'un accident. Les Européens suivent leur propre voie et ne prêtent pas attention à ce qui se passe. Mais techniquement, si vous regardez ce qui se passe, cela ressemble à une sorte de coordination.
Pourquoi voudraient-ils faire cela ? Ce n'est pas clair. Parce que cela conduit à des prix de l'énergie élevés et stables sur les marchés mondiaux, ce qui n'intéresse certainement pas les consommateurs d'énergie, tels que les entreprises européennes.
D'ailleurs, l'actuelle administration [américaine] a également annoncé à plusieurs reprises qu'elle cherchait à stabiliser, voire à faire baisser les prix de l'énergie. Mais des actions de ce type sont, bien sûr, directement opposées à la réalisation des objectifs que l'administration américaine s'est fixés.
Je sais qu'hier encore, les membres du consortium ont tenu une réunion sur tous les problèmes qui se sont posés et qu'ils décident eux-mêmes de la marche à suivre. Je le répète, ce n'est même pas tant notre problème que celui des investisseurs étrangers et des participants étrangers au CPC.
Source en russe : le site du Kremlin
Traduit par Valerik