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Séance avec les membres du Conseil de sécurité, du gouvernement et les dirigeants des structures de force, 30.10.23

Publié : 31 oct. 2023, 12:16
par Valerik
Séance tenue par le Président avec les membres du Conseil de sécurité, du gouvernement et les dirigeants des structures de force à Novo-Ogariovo, oblast Moscovien, le soir du 30 octobre 2023

Participants de la séance

MICHOUSTINE Mikhaïl Vladimirovitch — Président du gouvernement de la Fédération russienne

MATVIENKO Valentina Ivanovna — Présidente du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération russienne

VOLODINE Vyatcheslav Viktorovitch — Président de la Douma d'État de l'Assemblée fédérale de la Fédération russienne

KRASNOV Igor Viktorovitch — Procureur général de la Fédération russienne

MEDVEDEV Dmitriy Anatolievitch — Vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération russienne

PATROUCHEV Nikolaï Platonovitch — Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération russienne

BELOOUSSOV Andréï Removitch — Premier vice-premier ministre de la Fédération russienne

LAVROV Sergueï Viktorovich — Ministre des affaires étrangères de la Fédération russienne

CHOÏGOU Sergueï Koujouguétovitch — Ministre de la défense de la Fédération russienne

BORTNIKOV Alexandre Vassilyévitch — Directeur du Service fédéral de sécurité (FSB) de la Fédération russienne

ZOLOTOV Viktor Vassiliévitch — Directeur du Service fédéral des troupes de la garde nationale (Rosgvardiïa) de la Fédération russienne, Commandant en chef des troupes de la garde nationale de la Fédération de Russie

NARYCHKINE Sergueï Evguényevitch — Directeur du Service de renseignement extérieur (SVR) de la Fédération russienne

BASTRYKINE Alexandre Ivanovitch — Président du Comité d'enquête (SK) de la Fédération russienne

GOROVOY Alexandre Vladimirovitch — Premier Vice-ministre de l'intérieur (MVD) de la Fédération russienne

Discours d'ouverture du Président de la Russie

Chers collègues !

Je souhaitais aborder avec vous aujourd'hui un large éventail de questions.

Le ministre de la défense [Sergueï Choïgou] est rentré d'un voyage d'affaires à l'étranger. Il nous parlera de ses résultats et de l'avancement de l'Opération militaire spéciale.

Bien entendu, nous parlerons également de la situation au Moyen-Orient et de la garantie de l'ordre public en Russie même. Nous parlerons de la protection des droits de nos citoyens et de la sécurité publique, de la paix civile et de l'harmonie interethnique, y compris à la lumière des menaces extérieures.

Lors d'une récente rencontre avec des dirigeants des associations religieuses, comme vous le savez, j'ai parlé des tentatives d'utiliser la situation dramatique au Moyen-Orient et d'autres conflits régionaux contre notre pays — contre la Russie — pour déstabiliser et diviser notre société multiethnique et multiconfessionnelle. Pour ce faire, ils utilisent toute une série de moyens, comme nous le voyons : mensonges, provocations et technologies sophistiquées d'agression psychologique et d'information.

Je le répète : ceux qui sont à l'origine du conflit au Moyen-Orient et d'autres crises régionales utiliseront leurs conséquences destructrices pour semer la haine et pousser les gens dans le monde entier les uns contre les autres. Tel est le véritable objectif sordide de ces marionnettistes géopolitiques.

Nous nous souvenons de la manière dont le cycle actuel de la crise au Moyen-Orient a commencé — par une attaque terroriste contre les civils d'Israël et d'autres pays sur le territoire de cet État. Nous constatons également que, malheureusement, au lieu de punir les criminels et les terroristes, on s'est mis à la vengeance selon le principe de la responsabilité collective. Les terribles événements qui se déroulent actuellement dans la bande de Gaza, où des centaines de milliers d'innocents, qui n'ont nulle part où fuir et nulle part où se cacher des bombardements, sont massacrés sans discernement, ne peuvent en aucun cas être justifiés. Quand on voit les enfants ensanglantés, les enfants morts, les femmes et les personnes âgées qui souffrent, les médecins qui meurent, on serre les poings et on a les larmes aux yeux. Il n'y a pas d'autre façon de le dire.

Mais nous ne devons pas, nous n'avons pas le droit et nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser guider par les émotions. Nous devons comprendre clairement qui, en réalité, se cache derrière la tragédie des peuples du Moyen-Orient et d'autres régions du monde, qui organise le chaos mortel et qui en tire profit. Aujourd'hui, à mon avis, c'est déjà devenu évident et clair pour tout le monde — les commanditaires agissent ouvertement et effrontément.

Les élites dirigeantes actuelles des États-Unis et leurs satellites sont les principaux bénéficiaires de l'instabilité mondiale. Elles en tirent une rente sanglante. Leur stratégie est également évidente. Les États-Unis en tant que superpuissance mondiale — tout le monde le voit, le comprend, même par les tendances de l'économie mondiale — s'affaiblissent, perdent leur position. Le monde à l'américaine, avec un hégémon, est en train de se détruire, de disparaître, de s'en aller progressivement mais sûrement dans le passé.

Mais les États-Unis ne veulent pas s'en accommoder, mais au contraire, ils veulent préserver, prolonger leur domination, leur dictature mondiale, et dans des conditions de chaos général il est plus commode de le faire, parce qu'à l'aide de ce chaos ils espèrent contenir, déstabiliser les concurrents, comme ils le disent, leurs adversaires géopolitiques, dont notre pays, et en fait — de nouveaux centres de développement mondial, des pays souverains et indépendants qui ne veulent pas s'humilier et jouer le rôle de laquais.

Aujourd'hui, la Russie ne se contente pas de participer activement à la formation d'un monde nouveau, plus juste et multipolaire, où tous les pays et toutes les civilisations auront les mêmes droits et les mêmes chances. Nous ne sommes pas seulement l'un des leaders de ce processus historique objectif, mais je dirai plus, et tout le monde le sait : la Russie se bat sur le champ de bataille pour notre avenir, pour les principes d'un ordre mondial juste, pour la liberté des pays et des peuples. Nous nous battons avec constance, et nos soldats et officiers, nos héros, se battent et perdent leurs compagnons d'armes.

Je le répète : les élites dirigeantes des États-Unis et leurs satellites sont à l'origine de la tragédie des Palestiniens, du massacre au Moyen-Orient dans son ensemble, du conflit en Ukraine et de nombreux autres conflits dans le monde — en Afghanistan, en Irak, en Syrie, etc. Ceci est déjà évident pour tout le monde. Ce sont eux qui installent leurs bases militaires partout, qui utilisent la force militaire à l'occasion et sans aucune occasion, qui envoient des armes dans les zones de conflit. Ils acheminent également des ressources financières, y compris vers l'Ukraine et le Moyen-Orient, et attisent la haine en Ukraine et au Moyen-Orient.

Sans obtenir de résultats sur le champ de bataille, ils veulent nous diviser, en ce qui concerne la Russie, de l'intérieur, pour nous affaiblir et semer la confusion. Ils ne sont pas non plus satisfaits de la participation de la Russie à la résolution des problèmes mondiaux et régionaux, y compris le règlement de la question du Moyen-Orient. Ils ne sont pas du tout satisfaits lorsque qui que ce soit agit ou parle en dehors de leurs ordres. Ils ne croient qu'à leur propre exclusivité, à ce qu'il leur tout est permis.

Ils n'ont pas besoin d'une paix durable en Terre sainte, ils ont besoin d'un chaos permanent au Moyen-Orient. Ils discréditent donc par tous les moyens possibles les pays qui insistent sur un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza, sur l'arrêt de l'effusion de sang, qui sont prêts à contribuer réellement à la résolution de la crise, et non à la parasiter. Même l'ONU, la position clairement exprimée de la communauté internationale, fait l'objet d'attaques, d'un véritable harcèlement et de tentatives de discrédit.

Je tiens à souligner que dans notre approche à la situation au Moyen-Orient, contrairement à celle de l'Occident, il n'y a jamais eu d'intérêts personnels, d'intrigues et de double-fond. Nous avons exprimé et continuons d'exprimer ouvertement notre position, qui, elle, ne change pas d'une année à l'autre. La clé de la résolution du conflit réside dans la création d'un État palestinien souverain et indépendant, un État palestinien à part entière. Nous l'avons dit franchement, honnêtement et à plusieurs reprises aux dirigeants palestiniens et israéliens.

Je le répète : la vérité réside dans le fait que plus la Russie est forte, plus notre société est unie, plus nous serons en mesure de défendre efficacement nos propres intérêts nationaux et les intérêts des peuples victimes des politiques néocoloniales occidentales.

J'insiste une fois de plus : il est nécessaire de savoir et de comprendre où se trouve la racine du mal, où se trouve cette araignée qui tente d'enserrer toute la planète, le monde entier dans sa toile et qui veut obtenir notre défaite stratégique sur le champ de bataille, en utilisant les personnes qu'elle a dupées pendant des décennies sur le territoire de l'Ukraine d'aujourd'hui. En combattant cet ennemi dans le cadre de l'Opération militaire spéciale, nous renforçons, je le répète, la position de tous ceux qui luttent pour leur indépendance et leur souveraineté.

Les événements survenus à Makhatchkala la nuit dernière ont été provoqués entre autre par le biais des médias sociaux, notamment depuis l'Ukraine, par des agents des services de renseignement occidentaux. À cet égard, je voudrais me demander s'il est possible d'aider la Palestine en essayant d'attaquer les Tats [Таты, или горские евреи — Tats, ou Juifs des montagnes, habitent surtout le Daghestan. — NdT] et leurs familles. Les Tats, soit dit en passant, sont l'une des nations titulaires du Daghestan. La seule façon d'aider la Palestine est de combattre ceux qui sont à l'origine de cette tragédie. Nous, la Russie, les combattons dans le cadre d'une opération militaire spéciale, et c'est avec eux — à la fois pour nous et pour ceux qui aspirent à une liberté réelle et véritable.

Soit dit en passant, je ne cesse de m'étonner du régime kiévien et de ses maîtres à l'étranger. Nous savons que Bandera et d'autres sbires d'Hitler ont déjà été mis sur le piédestal d'honneur, nous savons et voyons comment les dirigeants ukrainiens applaudissent les nazis de la Seconde Guerre mondiale, qui sont responsables des victimes de l'Holocauste, qui ont personnellement pris part à ces crimes, et qui aujourd'hui, sous la direction de leurs patrons occidentaux, tentent de provoquer des pogroms en Russie. À ce propos, je ne suis pas sûr que tous les cercles dirigeants de ces mêmes États-Unis en soient conscients. Il serait souhaitable que ceux qui se soucient tant des citoyens d'Israël enquêtent sur ce que font leurs services secrets en Ukraine lorsqu'ils essaient de provoquer des pogroms en Russie. De la racaille, rien d'autre. Il n'y a pas d'autre façon de les nommer.

Mais ceux qui défendent vraiment la vérité et l'équité, qui luttent contre le mal et l'oppression, contre le racisme et le néonazisme que l'Occident encourage, ils se battent actuellement sur le front — près de Donetsk, d'Avdeïevka, sur le Dniepr. Je le répète : ce sont nos soldats et nos officiers. Le choix d'un vrai homme, d'un vrai guerrier, est de prendre les armes et de se tenir en ligne avec ses frères. D'être là où se joue le destin de la Russie, et même du monde entier, y compris l'avenir du peuple palestinien.

Je souhaite attirer l'attention de tous les chefs des régions, des chefs des forces de l'ordre et des services spéciaux sur la nécessité de prendre des mesures fermes, opportunes et claires pour protéger l'ordre constitutionnel de la Russie, les droits et les libertés de nos citoyens, l'harmonie interethnique et interreligieuse.

Passons maintenant à la discussion de tous les sujets proposés.

Source : le site web du Kremlin

Traduit par Valerik